Lettre à la maitrise d’encadrement


Chères et chers collègues maîtrise d’encadrement,

Vous êtes au cœur des transformations que l’entreprise a connu et continuera probablement de connaitre.

Former, accompagner, manager, organiser, superviser, etc… de mise en place des projets nouveaux, à la gestion « courante », vous êtes sur tous les fronts en première ligne. Et pourtant, vous êtes nombreux à ressentir un sentiment de déconsidération vis-à-vis du travail que vous réalisez.

Même si les problématiques rencontrées selon les filières sont différentes, ce sentiment de déconsidération, d’usure, de perte de sens a tendance à remonter.

Comment en arrive-t-on à cette situation ?

1 – Un point commun à la majorité des filières, la baisse des effectifs douvriers/employés

Cette baisse d’effectif entraîne une « gestion de l’urgence » de plus en plus fréquente

  • Un casse-tête quotidien pour réaliser les plannings
  • Un casse-tête pour assurer certaines missions
  • De plus en plus difficile de planifier sans que cela tombe à l’eau et nécessite de se réorganiser en urgence.
  • Une perte de richesse du métier à cause d’une perte de diversité de nos missions « traditionnelles ».
  • Pour la viabilité, entretien du patrimoine, entretien des aires, campagnes de fauchage, etc… la liste est longue. Cela se recentre de plus en plus sur l’organisation de la pose/dépose des balisages.
  • Côté péage cela se traduit par la réalisation de tâches normalement dévolues aux SP, SPP ou TP, faute d’effectif présent quand cela le nécessite. Aller changer un rouleau, dépanner un équipement, bref combler un vide par votre présence.
  • Difficulté constante à pouvoir échanger avec les salariés en poste
  • Etc….

Bref, la réduction des effectifs vous oblige sans arrêt à vous réorganiser, à casser ce qui a été planifié, à jouer les pompiers pour trouver des solutions.

2 – Une injonction permanente et constante à loptimisation

Partout la même injonction, OPTIMISER.

Optimiser les heures

Optimiser le matériel

Optimiser la qualité

Optimiser, optimiser, optimiser.

Et qui est en première ligne ? La maîtrise d’encadrement.

Qui doit sans arrêt trouver des solutions pour pallier les absences, les pannes matérielles, les soucis de véhicule ? La maîtrise d’encadrement.

Tout cela nous semble d’autant plus problématique que dans une part croissante des réorganisations, vous n’êtes que très peu, voire pas du tout impliqués en amont.

Cela rend l’appropriation encore plus compliquée, donnant le sentiment de devoir « assumer » auprès des salariés de vos équipes des organisations nouvelles, pour lesquelles vous n’êtes vous-mêmes que peu convaincus.

Tout ceci contribue grandement à la perte de sens des métiers et à votre essoufflement.

3 – Une exigence sans cesse grandissante

Que ce soit pour le management, pour la performance d’exploitation de vos sites, pour les procédures administratives, pour la traçabilité, etc… l’exigence est constante.

  • Former, accompagner les salariés sur les nouveaux outils/process.
  • Suivre de multiples indicateurs de performances, individuelles et collectives.
  • Animer/concevoir les ¼ d’heures, prévention, diversité, environnement.
  • Analyser les performances équipements.
  • Remplir des formulaires en ligne pour assurer la traçabilité.
  • Remplir des plans de prévention, réaliser et tracer les 212, etc…

Toujours plus à faire, à effectif de maitrise d’encadrement constant pour certaines filières ou pire à effectif en baisse dans d’autres, augmentant ainsi le périmètre d’actions de façon parfois significative !

Encore plus frustrant, dans certains cas, ou certaines filières, cela s’accompagne d’une vraie méconnaissance de l’ampleur de la mission que vous réalisez.

Quoi de plus démoralisant que de réaliser une montagne de missions, d’assumer de nombreuses responsabilités, et de se voir renvoyer l’image de réaliser un métier basique, finalement assez simple, peu complexe ?!

Ce point a une incidence directe sur le dimensionnement de la maîtrise d’encadrement.

Comment défendre une ouverture de poste quand on méconnait l’importance de celui-ci ?

La liste des causes n’est probablement pas exhaustive mais nous paraît largement représentative.

Face à ce constat, que faire ?

Embaucher des maîtrises d’encadrement là où c’est nécessaire. Ne pas corréler baisse des effectifs et baisse du besoin en maîtrises d’encadrement.

C’est le phénomène inverse qu’il faut enclencher.

Moins il y a de salariés/employés, plus le besoin d’organiser, optimiser, superviser est important, et donc plus la nécessité de dimensionner correctement la maîtrise d’encadrement est grande.

Les effectifs de la maîtrise d’encadrement doivent être suffisant pour permettre de travailler sereinement, sans avoir la tête dans le guidon en permanence !

Cesser avec l’injonction à l’optimisation à tout prix et vous impliquer réellement.

Tout a des limites dans la vie, l’optimisation aussi !

Travailler sur un cap clair et réaliste dont la visée ne soit pas uniquement la réduction des effectifs. Il faut que votre voix et votre expertise terrain soient plus prises en compte, notamment quand vous émettez des limites, des doutes.

Il faut retrouver une stabilité dans nos organisations.

Les métiers ont un sens, tout le monde ne peut pas tout faire et vous ne pouvez pas tout organiser/accompagner/gérer.

D’autre part, il faut retrouver un volume d’effectif avec lesquels vous pouvez travailler sereinement.

En synthèse, veiller aux conditions de travail ET à l’outil de travail !

Nous sommes particulièrement preneurs de vos retours, que ce soit vis-à-vis de notre diagnostic/nos solutions sur la situation ou tout simplement de vos retours d’expérience au fil de l’eau.

Vous pouvez compter sur notre organisation syndicale pour porter avec conviction vos problématiques et défendre comme il se doit la maîtrise d’encadrement.

Votre équipe CFE CGC


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